Festival International du Film d'Aubagne
Musique & Cinéma - du 20 au 25 mars 2017

CONCERT DE CLÔTURE

CONCERT DE CLÔTURE

THE PENELOPES

The Penelopes préparent leur retour dans nos frontières et sur les ondes. Ils n’ont pourtant jamais disparus des écrans radars, ils ont juste accepté il y a quelques années la proposition qu’un label anglais leur a faite : celle de venir enregistrer à Londres. À force d’entendre du New Order dans les rayons du Tesco, ils ont fini par s’y installer, dans l’ancien quartier ouvrier de Bethnal Green. Car l’Angleterre, quoi qu’on en dise, c’est l’excellence d’une culture pop populaire, celle de Liverpool, Bristol et Manchester : tout pour séduire des jeunes gens comme eux, modernes et respectueux du passé.

En France, ils avaient déjà fait leurs griffes. Deux gars du 9-3, grandis dans la même HLM d’une cité de Stains, à contre-courant de la culture musicale dominante (mais sans la nier). Deux amis devenus frangins partageant un goût certain pour l’art et la mélancolie. Ils ne crachent pas sur NTM, s’imprègnent des effluves funk et disco qui s’échappent des fenêtres, mais ils rêvent de faire danser sur des pop-songs qui ont une âme. Malgré leur jeune âge, ils ont du culot, du style, frappent aux portes et se font vite découvrir par agnès b., spécialiste en défrichage de choses belles et obscures. Un premier album voit le jour en 2007, The Arrogance of Simplicity, que Rock Mag décrira comme “une boule à facettes avec des sentiments à l’intérieur”. Pour Les Inrockuptibles, « le duo donne son meilleur dans l’exercice pourtant délicat des pop-songs électrifiées ». De Herman Hesse à The Cure, ils y exposent crânement leur univers, littéraire et référencé. Avec cet album, le groupe est récompensé par les Qwartz Electronic Music Awards et élu parmi les meilleures révélations par le magazine Trax. Leur single Demian devient la bande-son d'une pub pour Perrier, avant d'être remixé par Black Strobe.

Londres a été un tournant dans leur carrière : passer du DIY à quelque chose de structuré, sous la houlette d’un manager. Il a fallu avoir le courage de repartir de zéro dans un pays où personne ne connaît votre nom. Avec eux l’histoire ne se répète pas, elle se précise, le titre même de leur album, produit par Dan Grech-Marguerat (Scissor Sisters, The Vaccines, Tom Odell) en est la preuve : Never Live Another Yesterday fait du bruit dans le landerneau british lorsqu'il paraît en 2012. Entourés de musiciens additionnels anglais, ils assurent les premières parties de The Human League lors d’une tournée européenne, dont une date au Royal Albert Hall. Ensuite ça devient pour eux Just like heaven : ils rencontrent leurs idoles, Robert Smith les endorsent et ils se retrouvent à signer un remix pour The Cure qui fait date. C’est à partir de là que tombent toutes les demandes de remix, pour Tom Tom Club, Pet Shop Boys, Say Lou Lou, Lana Del Rey...

Ils officient toujours depuis l'Albion, tissent patiemment leur toile, pas entamés par le succès, aussi soudés qu'au premier jour. Ils se lient d'amitié avec des artistes aux univers marquants, auxquels ils apportent leur pierre. Chloé Delaume ou Asia Argento font appel à eux, ils goûtent ensemble à la performance, au cinéma. Ils ont ce qu'il faut d'arty et d'inclassable pour se faire draguer par ce qui brille, les clubs les plus pointus, le festival de Cannes. Ils se rêvent pourtant en working class heroes.

Ils sont aujourd’hui The Penelopes, dans des rôles sur-mesure : humbles mais affirmés. Axel Basquiat impose ses compositions, sa voix désormais assumée : grave, habitée. Discrétion troublante, Vincent T. soigne la production, sculpte les reliefs. Ils travaillent actuellement à l'élaboration d'un nouvel album, A Collection of Dance Songs for Loners, à savoir, une collection de chansons dansantes pour gens seuls, et qui, éventuellement, ont une voiture. Car on est en droit d'être toujours un peu triste, mais quand même heureux de pouvoir écouter en boucle, de belles chansons modernes, en pilotage automatique sur l'autoroute.

samedi, 25 mars 2017